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Sommaire

À LA UNE : un diagnostic interactif pour identifier les risques stratégiques

ACTUALITÉS :
    - GREEN IT/ECO TIC

LES RENDEZ-VOUS DU MFQ RHÔNE-ALPES :
    - Les dispositifs régionaux collectifs d'accompagnement
    - Management : les risques psychosociaux...

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jeudi 20 octobre
CONSTITUTION DU RÉSEAU DES CLUBS D'AUDITS INTERNES CROISÉS

à Villefontaine

“Facteurs clé de la Performance des Organisations”

Messieurs Daniel PARAIRE, Président de la CCIT Nord Isère, Jérôme DECHELETTE, Président du MFQ Rhône-Alpes et Christian CUYL, Président du MFQ Franche-Comté vous convient à la réunion constitutive du Réseau des Clubs d’Audits Internes Croisés. Ce réseau, à l’initiative du MFQ RA, regroupe déjà de nombreux acteurs français, belges et suisses. Ceux-ci viendront témoigner de l’apport des groupes d’audits internes croisés qui se sont développés au sein d’associations régionales MFQ ou d’autres structures équivalentes.

PLUS D'INFOS ET INVITATION

 
Contact : contact@mfqra.fr - Tél. 04 74 31 88 51
 
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À LA UNE
  

Conçu par le club des consultants MFQ RA : un Diagnostic interactif pour l'identification des risques stratégiques pour l'entreprise

Mardi 12 avril, nos adhérents étaient conviés dans le cadre des Rendez-Vous du MFQ Rhône-Alpes à une présentation d'un des derniers outils conçus par des consultants de notre Club des Consultants : « un diagnostic interactif pour l'identification des risques stratégiques pour l'entreprise » et à une restitution de l'expérimentation de celui-ci dans trois entreprises rhône-alpines : Amphenol <Socapex, APF Entreprise et Clyde Union Pump. Jean-Jacques MICHALIK, dirigeant du groupe belge Alia Brokers Insurance, nous a fait l'amitié de participer à cette réunion et, en guise de conclusion, de nous donner son point de vue sur le management des risques. Des présentations et des débats enrichissants, sur l'un des sujets les plus d'actualité et des plus controversés. Que l’on n’attende pas du rédacteur de ces lignes des « minutes de notaire », ni une contribution au linéaire de la bibliothèque de tout bon consultant ou manager ; mais plutôt l'expression de sa propre sensibilité en réaction aux présentations et débats du jour.

Rappelons, en premier lieu, brièvement l'une des missions du Club des Consultants du MFQ RA : être en veille sur les référentiels de management mis en oeuvre par les grandes groupes industriels et de services et être à même de proposer, à partir de ceux-ci, aux PME adhérentes de notre mouvement des outils adaptés, leur permettant de rester sur la voie de l'excellence. Le programme 2010-2012 est le suivant et un certain nombre de résultats ont déjà été présentés dans ces colonnes :
- Achats Responsables & Solidaires (disponible et expérimenté) ;
- DD & RSE (différents outils conçus selon les approches retenues et les niveaux de maturité disponibles et expérimentés) ;
- Management du Risque (en cours de finalisation après test) ;
- Amélioration des Performances (en cours de conception et de production) ;
- Management "Energie & Climat (à produire) ;
- Convergence Lean & Qualité (à produire) ;
- RST2 "Plan Régional de Santé au travail 2 (à produire).

Le choix d'une méthode : « un diagnostic participatif », d'un champ : « l'identification des risques stratégiques » et d'un périmètre « l'entreprise »

Jacques BLOUIN, pilote de ce groupe (membres : Yvan CHASSOULIER, Claudine COMTE, Fabienne DOUKI, Philip AUDUBERT, Pierre DAUDE, Roger FIRMIN, Xavier GILLARD, Jacques GIMBAUD et Dominique THIBAUDON) dresse le constat suivant : « chaque filière industrielle s'est dotée progressivement d'un outil du management du risque faisant partie des briques élémentaires du référentiel de l'excellence de celle-ci. Parce que les risques étaient avant tout liés à une activité industrielle spécifique, les produits mis en œuvre ou obtenus et parce que les technologies, techniques et procédés développés étaient propres à chaque filières. Détecter, réduire, voire supprimer ces risques faisaient naturellement partie des règles de l'art de chacune de celle-ci. Et non d'une discipline transversale, système » selon notre vocabulaire actuel.
Jusqu'à la terminologie qui était et est aujourd'hui encore différent. Pour vous en convaincre : parlez, ne serait-ce que, de « sûreté de fonctionnement » à un mécanicien ou à un électricien !!! ... De « conception » ou de « développement » à un mécanicien et à un électronicien !!! ...De « Modèle » de maturité ou de « Plan » de continuité » ! Et plus grave encore de « Risque » ou de « Vulnérabilité » !!!.

Comme pour chaque outil développé par le Club, il a donc fallu dans un premier temps, s'accorder la méthodologie, d'une part ; sur la terminologie et le sens des mots, d'autre part ; sur le domaine d'application, enfin. En retenant un vocabulaire non ambigu, compréhensible par tous. Et cohérent avec les options prises par la normalisation sectorielle, nationale, ou internationale, ...sans parler des méthodologies «propriétaires » vendues par des cabinets de conseil, de courtage ou de management des risques sous l'acronyme « ERM » pour Entreprise Risk Management. (Vite, au secours! merci Google®,... Tapez plutôt AMRAE ).

Des choix que l'on retrouve naturellement dans l'appellation de l'outil présenté: « un diagnostic participatif », «des risques stratégiques », « l'entreprise ». En quelques mots, pourquoi ? :

1. Un diagnostic participatif :
- un diagnostic, car nous sommes bien d'accord qu'il s'agit là, à ce niveau, d'identifier, « des » causes, si possible « racines »
- participatif, car nous sommes tous d'accord pour considérer que dans une TPE/PME/ETI, ayant une bonne maturité en matière de management, la pratique du diagnostic participatif permet de réunir et motiver tous les responsables de l'entreprise, sans perte de temps inutile, en bénéficiant des savoir de tous, en limitant les querelles d'ego, pour autant que la réunion soit bien conduite, avec un Paper Board et une bonne connaissance de Metaplan® ou autres techniques dérivées, ...

2. Des risques stratégiques :
- des risques : car, ..., évitons de renvoyer, comme dans tout bon dictionnaire, danger à risque ou aléa à accident, pour retenir toute « occurrence pouvant être mise sous contrôle » ;
- stratégiques : car nous sommes bien d'accord que les responsables en question savent faire la différence entre ce qui relève du « stratégique » et ce qui relève de « l'opérationnel au quotidien » et que « le quotidien » peut vite devenir « stratégique ».



Risques stratégiques identifiés......
 
... en groupe de travail...
 
... avec la méthode Metaplan®.

3. Pour l'entreprise :
- car nous sommes bien d'accord que les risques peuvent avoir leur origine à l'intérieur ou à l'extérieur des limites du site industriel. En la matière il n'existe pas de ligne de touche.

Donc, nos interlocuteurs sont les parties prenantes de l'entreprise, celles-là même qui apparaissent de façon de plus en plus prégnantes dans nos référentiels de management et qui nous recherchent éventuellement en responsabilité, ...

Une méthode pas à pas qui à son terme permet selon la logique que l'on retrouve de que l'on retrouve dans le schéma ci-dessus : l'identification, au terme d'un diagnostic participatif des risques stratégiques pour une entreprise et leur priorisation en vue d'un premier plan d'action des risques financiers, opérationnels, liés au marché et à sa réputation, selon que les causes racine soient internes ou externes à celle-ci.

Le point de vue d'Amphenol Socapex, d'APF Entreprise et Clyde Union Pump sur cette expérimentation

Le schéma type proposé pour suivre les différentes étapes du diagnostic est le suivant :
- Réunion d'un groupe de travail composé des responsables de l'entreprise (1 ou 2 groupes avec ou non la même méthodologie d'animation),
- Identification des risques, recherche des causes, évaluation de la criticité, priorisation, formalisation à partir de la matrice proposée,
- Confrontation des risques identifiés dans ce cadre de référence avec ceux déjà identifiés avec d'autres méthodes ou de façon intuitive.


Lionel LAURENCE, directeur Qualité, AMPHENOL
Jérôme PORZIO, directeur Qualité, APF Entreprise
Michel FOUCHE, Président, CLYDE UNION PUMP

Compte-tenu d'une certaine confidentialité des résultats ou des données obtenus, les commentaires proposés par chaque groupe de travail lors de cette restitution, repris ci-dessous, sont présentés de manière volontairement anonyme. Ils montrent malgré tout l'intérêt et le caractère structurant de la méthode élaborée :
- Partage de la formalisation résultant de l'exercice et de la restitution finale, notamment identification, analyse des causes racines et priorisation des risques;
- Reproductibilité, répétabilité et cohérence des méthodes (constats effectués lorsque l'expérimentation a fait appel dans la même entreprise à deux groupes avec des périmètres ou des types de risques différents) ;
- Intérêt et exhaustivité de la méthode : constat que certains risques n'étaient jamais apparus lors d'analyses antérieurs ;
- Nécessité, plus ou moins forte selon les entreprises, d'acquérir «un « réflexe » ou une « culture » risques.

- D'où l'intérêt des participants pour des documents normatifs « guides », génériques ou sectoriels, en cours d'élaboration, et volontairement « mis sous le coude » pendant l'exercice et sa préparation.

A noter : ces conclusions ont recueilli le consensus des membres des entreprises ayant participé à l'exercice.

Jean-Jacques MICHALIK, un assureur face au risque

Jean-Jacques MICHALIK (à gauche)
et Jérôme DECHELETTE, MFQ RA
(à droite)
Remercions d'emblée Jean-Jacques MICHALIK, responsable du groupe belge Alia Brokers Insurance, de ses propos sans langue de bois, quant à la relation entre l'entreprise et son courtier/assureur et surtout quant à la stratégie de l'assureur face à la panoplie des risques qu'il gère pour le compte de ces clients : types de risques (vie, dommages matériels, responsabilité civile,...), zones géographiques, nature et étendue des franchises, état du marché de la réassurance. En fait, le cœur de métier de l'assureur est précisément le management de l'ensemble des risques représenté par la somme des risques de chacun de ses clients.


Attachons, par ailleurs, une attention singulière à ses propos relatifs au jugement du courtier/assureur quant « au professionnalisme de l'industriel dans le management des risques propres à son entreprise, à sa pertinence des solutions retenues et à sa transparence dans sa relation avec l'assureur » : identification de la multiplicité des risques potentiels, analyse des causes racine, diminution des conséquences des risques, éventuellement transfert vers l'assurance ou conservation du risque, implication dans la durée de la direction générale dans le management des risques.

« Une attention, d'autant, sinon plus, singulière à la qualité de ce jugement qu'au dossier technique proprement dit. Ce qui fera la différence, dès lors que l'industriel ne peut se satisfaire de polices types de par les couvertures, les montants, les zones géographiques. Sans pour autant être dans l'obligation de mettre en œuvre des programmes mondiaux sophistiqués », pointe Jean-Jacques MICHALIK,

Cette situation, qui est en fait celle de la plupart des adhérents du MFQ Rhône-Alpes, appelle de la part de Jean-Jacques MICHALIK, un ensemble de commentaires dont nous retraçons ci-contre la substance.

- Chaque entreprise est un cas unique et possède en matière de risques son propre ADN. Dès lors, l'industriel doit faire appel à des compétences particulières de son courtier/assureur qui couvrent l'ensemble des techniques et données nécessaires à un management du risque techniquement pertinent et économiquement cohérent. Accepter de recourir à de telles prestations dédiées, qui font l'objet d'une approche contractuelle autonome d'un programme d'assurance à venir, c'est la certitude pour l'industriel de se donner les meilleures chances et pour les assureurs qui auront à le construire, puis qui auront la responsabilité de le faire vivre, c'est aussi la certitude que cette approche sera appliquée par l'industriel dans la durée, donnant à son management des risques pertinence dans le temps et cohérence technique et économique réelle », explique Jean-Jacques MICHALIK.

- Les outils tels que celui présenté ici, comme ceux développés par les courtiers et assureurs « risques industriels », tendent précisément à créer cette pertinence et cette cohérence. Dans la pratique, chacun sait qu'elle est sa sphère de responsabilité et ce qui relève du conseil ou du contrat d'assurance, avec les notions d'obligation de résultats attachée à celui-ci.

- Cette approche est ensuite rapidement décrite par Jean-Jacques MICHALIK :
1. La définition des niveaux de risques considérés comme acceptables par l'entreprise ;
2. La fixation des priorités pour l'application des mesures de réduction de risques ;
3. La reconnaissance de la spécificité de chaque entreprise ;
4. Le respect du principe selon lequel la connaissance de l'entreprise réside en son sein même et qu'en conséquence il appartient à celle-ci de fixer les niveaux de risques qu'elle est à même d'accepter/de supporter ;
5. La création au sein de l'entreprise d'une équipe chargée de cette politique et ce quelles qu'en soient les différentes facettes. C'est notamment elle qui travaillera sur les scénarios proposés par les courtiers/assureurs et acceptera en toute connaissance de cause celle qui paraît la plus adaptée.

Est-il certain que chaque chef d'entreprise a conscience de la nécessité de ce travail ? Et est-il conscient que dans l'équipe d'en face, les scénarios proposés sont construits face à une même interrogation : la capacité de chacun de pouvoir tenir ses engagements face à sa propre exposition aux risques ?

Présenter les choses ainsi, y compris pour des PMI/ETI, non en termes techniques (par exemple, tous risques sauf,... ; responsabilité civile sans faute,... responsabilité du fait du produit ou du service défectueux, et autres joyeusetés), permet de comprendre le caractère systémique de cette problématique. Plutôt que d'un effet « domino », parlons donc d'un effet « papillon ». Les scénarios proposés quantifient, pour l'entreprise comme pour le marché de l'assurance ou de la réassurance, les risques multiples couverts, dont les interconnections techniques, économiques et/ou géographiques ont des effets multiplicateurs considérables. Ces effets sont modélisés, ce qui permet de construire des stratégies tarifaires dont la finalité est de construire et maintenir la disponibilité à coûts acceptables de capacités de réassurance.

En conclusion, interrogeons-nous sur le rôle objectif de l'explosion du coût d'acquisition de capacités d'assurance « dommages » ou « RC », voire dans certains la non assurabilité de quelques risques majeurs, du fait de la multiplication de catastrophes écologiques industrielles, parallèlement à des catastrophes naturelles aux conséquences plus lourdes que prévues, et l'acceptation aujourd'hui non discutable du concept de « développement supportable »? Comme souvent, la réponse est dans la question,...


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ACTUALITÉS
   GREEN IT/ECO TIC

Allonger la durée de vie des équipements et optimiser les couches logicielles, limiter les consommations électriques et les impressions, réduire et recycler les DEEE : premiers axes du DD et la RSO pour la filière informatique
Eco Technologies de l'information et de la communication pour ECO TIC. L'avatar français de l'obligatoire GREEN IT est (pour une fois ?) signifiant et sympathique. De même que l'après-midi de travail proposé par le MFQ RA en partenariat avec le mouvement des Entrepreneurs d'avenir et le Medef Lyon .Professionnels d'origine diverses, mais tous confrontés à l'explosion des mondes de l'information et de la communication, ont eu l'occasion de faire connaissance avec ce dossier et de partager une vision du développement durable, à court, moyen et long terme dans cette filière. Tant pour le matériel ou les fonctions/services offerts que pour les usages dont nous bénéficions tous. Et de partager cette question : que ferons nous quand l'information -du fait de composés indispensables à la fabrication des équipements de plus en plus rares et chers- sera une ressource aussi rare, voire plus coûteuse, que le pétrole. Les plus anciens d'entre nous, qui se rappellent de l'époque des balbutiements de l'ordinateur personnel, s'ils pestent volontiers dans un environnement où l'informatique est omniprésente, renonceraient-ils si facilement à ces outils, pour autant que ceux-ci restent précisément des outils ?

Les défis du DD et de la RSO vus par des professionnels de l'informatique

Entrepreneurs d’avenir regroupe quelques 500 chefs d'entreprises en France et environ 50 en Rhône-Alpes, « C'est un mouvement, explique en guise d'accueil son président-fondateur Jacques HUYBRECHTS, qui veut promouvoir un nouveau modèle pour l’entreprise et la société fondé sur la « performance globale », où la compétitivité doit se conjuguer avec le respect de l’individu, de son bien-être au travail, des normes éthiques, sociétales et environnementales. Les entreprises d’avenir sont celles capables de générer un nouveau type de croissance, fondé sur l’efficacité et la responsabilité, l’équité et la durabilité ».

Peut-on accepter pour autant comme paradigme de ce XXI ème siècle, la nouvelle prophétie de Michael PORTER, qui propose dans un récent article de la revue de management d'Harvard que « seules les entreprises qui créent une valeur perçue sociétale, allant donc au-delà de la performance et/ou de la finalité économique et environnementale, seront à même de survivre? ».

La question pose cependant à l'évidence débat. « Notre mode de vie est fondé sur une perception d’un monde sans limite, constate Fred BORDAGE, consultant Green IT, fondateur du média expert greenIT.fr, illustrant les principaux défis liés à l'environnement que sont le dérèglement climatique, la régression de la biodiversité et l'épuisement des ressources non renouvelables. Et prenant quelques ordres de grandeur propres au monde de l'information et de la communication : l'intensité en ressources non renouvelables d'une puce électronique s'inscrit dans un rapport de 100 contre 1, à comparer au chiffre de 54 contre 1 pour une voiture ; l'informatique est responsable au niveau mondial de l'émission de 2% des gaz à effet de serre, soit autant que les transports aériens ; chaque Français génère 24 kilogrammes de DEEE d'origine informatique par an, dont 5 seulement est collecté, soit un volume mondial annuel de 75 milliards de kilogrammes. Inutile, ici de rappeler le caractère hautement toxique (métaux lourds notamment) de ces DEEE ».

Jacques HUYBRECHTS
Fred BORDAGE
Sophie CHOPLAIN

Sophie CHOPLAIN (PCI), nous donne, pour sa part, d'autres chiffres complémentaires : « Les TIC représentent en France 13,5% de la consommation d'électricité ; la consommation d'électricité du système d'information d'une entreprise représente 21 à 25% de la facture d'électricité liée à un bâtiment tertiaire et un poste bureautique standard, allumé 24 h sur 24, consomme en moyenne 120€ par an.

« Sans compter, reprend Fred BORDAGE les impacts sanitaires et sociétaux de cet état de fait. Nous ne pouvons donc nous satisfaire d'une approche ne relevant que de l'éco-conception, ni même de la conception de processus propres, il faut accepter l'idée de concevoir et de mettre en œuvre de nouveaux modèles économiques fondés sur la mutualisation des équipement (infrastructures, hard et soft) et la gestion par exception dès lors que la pertinence et les bénéfices économiques, environnementaux et sociétaux de chacune des solutions ponctuelles ou des modèles globaux envisagés sont démontrés à moyen et long terme ».

Les « 3 périmètres » du GREEN IT

Assez naturellement, l'on retrouve dans les concepts de cette « sectorialisation » du Développement durable et de la RSO, les méthodes et outils génériques développés par ailleurs ; courbes de maturité de l'innovation, panoplie des outils d'éco-innovation, ACV, calcul des empreintes énergétiques des produits, services et processus, objectifs globaux de réduction des GES, etc., ... Mais sont intéressants les objectifs raisonnablement atteignables et un phasage d'une stratégie DD/RSO propre à cette filière et définis par ses membres les plus concernés.

D'où ce modèle dit des « 3 périmètres » illustrant les 3 phases : Green IT for 1, Green IT for 1.5 et Green IT for 2.0 repris ci-contre.

« Rappelons que l'objectif final -« GREEN 2.0 »- doit permettre de créer de la valeur en lien avec les objectifs de l'entreprise et les principes du développement durable (voir ISO 26000 ou SD 21000) grâce aux ECO TIC, avec comme objectifs d'accélérer les changements de comportements/usage en facilitant la transition et en mesurant les effets pour s'assurer que les logiques de gestion s'inversent. Et ce, non seulement dans le domaine des seules TIC mais tous les domaines où celles-ci apportent des solutions techniques », conclut Fred BORNDAGE.

« Les 3 périmètres » | © Fred BORDAGES


Il revenait à Cédric GOSSART, enseignant chercheur, Institut Télécom (Télécom Ecole de Management), membre du groupe de travail EcoInfo, de faire un état des lieux des éco innovations de rupture concernant les technologies vertes. Exercice difficile car « il n'est pas souvent aisé de distinguer ce qui relève de l'éco-blanchiment, « greenwashing » dans le texte, savoir une véritable approche Green IT » et ne pas rester dans la théorie sans tomber dans l'anecdote.

Il faut d'ailleurs savoir que la définition officielle retenue :
« Ensemble des procédés industriels qui visent à prévenir ou réduire les effets négatifs sur l'environnement des produits à chaque stade de leur cycle de vie, ainsi que des activités humaines. Ces procédés permettent une utilisation plus économe des ressources ou ont des effets moins polluants ».
n'apporte que peu de renseignements en la matière, ne serait-ce parce qu'elle ne fait pas référence à la performance d’un produit/service ou d'un processus en termes d'efficacité ou en termes d'usage, au moins équivalente par rapport au produit/service/processus remplacé. De même que la durée de vie ou le périmètre pris en compte ne sont envisagé. En somme, selon le slogan, passer du « Berceau à la Tombe à du « Berceau au Berceau » n'est guère facile à quantifier, ni à illustrer. « Cradle to Cradle » !

Dans la réalité, il s'agit de distinguer ce qui dans les éco-techniques « radicales » relève de l'amélioration du bienêtre : on parle alors de découplage relatif ; et ce qui permet de faire baisser les pressions d'ordre économique, environnementale et sociétale sur les écosystèmes naturels : soit un découplage absolu. En théorie, seul un découplage absolu répond à notre recherche et non un découplage relatif, plus proche de l'éco-blanchiment. A l'évidence, nous sommes encore dans la sphère de travail de chercheurs plutôt que dans celle d'un responsable de Systèmes d'information dans l'entreprise, au moins en ETI/PMI et PME.

En fait nous sommes face à des concepts, certes connus des experts du Développement durable et de la RSO, mais peu du Grand Public, ce qui explique la difficulté de les faire passer dans la réflexion quotidienne face aux défis immédiats perçus par chacun d'entre nous. Une diapositive proposée par Cédric GOSSART montre d'ailleurs bien ce fossé.

Pour quelques exemples moins théoriques mais scientifiquement valides, voir par exemple :
http://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/plan-site
http://www.youtube.com/watch?v=kQsNs8SWCkU
http://www.greenit.fr/article/materiel/les-7-peches-du-greenwashing-appliques-aux-technologies-de-linformation-2481
http://www.dailymotion.com/video/x8uwwi_le-greenwashing-vue-par-culture-pub_tech
ou ce qui suit.

Trois applications concrètes, aux bénéfices des entreprises et de l'ensemble des parties prenantes

Il appartenait à Thierry LEROUX, Espace numérique Entreprise, de faire le point sur une étude/expérimentation sur les conséquences du télétravail, vues sous l'angle des progrès organisationnels rendus possibles par les techniques d'information et de la communication. A Béatrice IVALDI, Longbow SA, sur la réorganisation de la fonction « SI » par le déport des ressources soft et hard chez un prestataire, DotRiver, par ailleurs acteur de ce mouvement en faveur du Green It. Et à Sophie CHOPLAIN de décrire les fonctionnalités d'un logiciel, GIMI Green IT, permettant notamment de faire un bilan dans l'entreprise du coût d'un SI et des bénéfices d'un passage d'un SI traditionnel à un SI optimisé grâce à quelques dispositions simples.

S'agissant du télétravail, « le bilan de cette expérimentation est largement positif, au moins pour l'entreprise et les entreprises considérées, sans avoir à chercher d'effets positifs collatéraux et ce malgré le faible échantillonnage de l'étude. Il apparaît évident que les difficultés relevées ne doivent rien aux technologies de l'information et de la communication, mais tout au droit du travail et à de sérieuses faiblesses d'un management à la française, ... Les conclusions de cette étude qui est en encore en cours, seront bientôt déposées et nous sommes persuadés de l'intérêt et de la généralisation de cette formule » conclut Thierry LEROUX.

Peu de « propos militants » pour Laurent ALLIOD, président-fondateur de DotRiver, pourtant homme de conviction, dont l'engagement pour une informatique éthique et durable, le DD et la RSO est bien connu. Mais le choix de techniques permettant la mise en œuvre de postes de travail à distance, utilisant les logiciels libres, mettant en œuvre les externalisations et les partages de capacité nécessaires, bref tout ce qui se cache derrière le terme Cloud Computing, pour aller certes vers Green IT for 2.0, mais pour offrir des alternatives là au PME et TPE.

Béatrice IVALDI (Longbow SA) en témoigne : « Pour une structure d'une demi-douzaine de salariés, ne disposant pas de compétences informatiques en interne, alors que les techniques de l'information sont fondamentales dans notre quotidien professionnel (investissement et aménagement immobilier tertiaire en Rhône-Alpes), la solution «sur mesure» reposant sur des logiciels libres et une externalisation totale de notre informatique, telle que nous l'a proposée Laurent ALLIOD, semblait être faite pour nous. Ce qui s'est vérifié à l'expérience Toutes les barrières psychologiques dans l’entreprise sont tombées. La solution mise en œuvre par DotRiver nous permet de travailler, sans soucis, là où nous sommes, c'est à dire en général chez le client, dans la nature, chez nous, et pas ou peu au bureau, avec un confort certain et une sécurité sans faille », souligne Béatrice IVALDI.

Cédric GOSSART
Thierry LEROUX
Laurent ALLIOD
Béatrice IVALDI

« GIMI Green IT, explique Sophie CHOPLAIN (PCI) est un logiciel qui nous permet de réaliser le diagnostic énergétique du parc informatique d'une entreprise et de proposer un nouvel axe d’économies en matière de consommation d'énergie. Une simple optimisation de la gestion des postes de travail : extinction en dehors des horaires de travail, mise en veille pendant les pauses, les repas, les réunions, activation des technologies de régulation de la fréquence du processeur, et une légère réduction de la luminosité des écrans peut permettre de diviser par deux le coût de fonctionnement d'un poste de travail, ... Ceci n'est qu'un exemple des stratégies Green IT que nous mettons en œuvre dans les organisations qui font appel à nous. A terme, notre boite à outil logiciel GEPI « Gestion Ecologique du Parc Informatique » nous permettra d'agir sur quatre des principaux leviers du Green IT : optimiser les impressions, allonger la durée de vie des postes de travail, gérer la traçabilité des DEEE et maîtriser l'ensemble des consommations d'électricité liées à l'informatique. Histoire de ne pas gaspiller ce que les pionniers des bâtiments à énergie positive s'acharnent à économiser,... sourit-elle en conclusion ».

Stéphanie MARCHAL et Laurent ALLIOD
 
Coryne NICQ et Valentine MOREAU (ENSM Saint-Etienne)

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LES RENDEZ-VOUS DU MFQ RHÔNE-ALPES
   Les dispositifs régionaux collectifs d'accompagnement pour améliorer les performances de vos entreprises : une opportunité à saisir pour les TPE et PME de Rhône-Alpes

A l'initiative de la direction de l’Economie, de la Recherche, du Tourisme et des Technologies du Conseil Régional Rhône-Alpes, en co-financement avec l'Etat et avec le relais de fonds européens dédiés, l'accès à un certain nombre de programmes collectifs est ouvert aux TPE et PME en Rhône-Alpes. Il s'agit de programmes collectifs d'accompagnement qui visent à doter ces entreprises de pratiques managériales ou de méthodes et d'outils afin de les accompagner sur la voie de l'excellence. Nous avons consacré à ces programmes et aux conditions d'accès des TPE/PME à ceux-ci un Rendez-vous du MFQ Rhône-Alpes le 26 mai dernier. Avec la participation de Laurent VOILLARD, chargé de mission au Conseil régional, Coralie BELICARD, chargée de mission à la Chambre de commerce et d'industrie de Région, et Eric ROGEMOND, directeur général d'ERATEC, et consultant qualifié pour intervenir dans certains de ces programmes.

« Progressivement, la Région s'est recentrée sur la mise en place de programmes collectifs, privilégiant essentiellement les aides indirectes aux aides directes qui pendant de nombreuses années ont été une manière privilégiée d'accompagner les TPE/PME de Rhône, indique Laurent VOILLARD. Cette évolution s'explique essentiellement par des raisons économiques -le diagnostic porté sur les points forts et faibles du tissu industriel rhônalpin et sur l'évaluation de l'efficacité des différentes approches ». Rappelons que par aides indirectes, il faut entendre la mise à disposition de ressources matérielles ou immatérielles permettant d'améliorer l'environnement de l'entreprise ».



Laurent VOILLARD

Ces aides indirectes peuvent donc être définies par l'addition des quatre critères suivants :
- Constituer une combinaison de prestations à haute valeur ajoutée : qu'il s'agisse de conseil, de formation, d'accompagnement de dirigeants ou de salariés ;
- Avoir une dimension réellement collective, ce qui se traduit par exemple par des temps de partage d'expériences, la recherche d'une mutualisation des bonnes pratiques et de l'efficience et des temps en entreprise sur chaque problématique ;
- Une intervention le plus en amont possible d'un projet d'entreprise, pour initier, valider et mettre en œuvre un plan de progrès touchant aux fondamentaux de l'entreprise, qu'il s'agisse de sa stratégie ou de la mise en œuvre de tout ou partie d'un ensemble de méthodes et d'outils propres aux concepts de l'excellence ;
- la maîtrise des prestations déployées sous l'angle de leur qualité intrinsèque et leur efficacité/efficience ;
de manière à être certain a priori de l'impact de chaque thématique ouverte.

« Aujourd'hui, poursuit Laurent VOILLARD, l'expérience capitalisée à tous les niveaux nous amène à privilégier pour chaque programme un schéma type définissant précisément qui fait quoi, les engagements contractuels des intervenants et des bénéficiaires, les données d'entrée et de sortie propres à chaque niveau d'intervention, l'articulation avec le Conseil Régional et le rôle spécifique des Maîtrises d'ouvrage associées et de la Maîtrise d'œuvre, le cahier des charges de validation et d'intervention de la maîtrise d'œuvre, (nos fameux relais) et des consultants, le déroulement de l'action au travers d'une planification fine, le plan de promotion et les organismes en charge de celle-ci, quel que soit le type d'intervention et niveau d'implication.

« Ces choix s'expliquent par les considérants de la délibération du Conseil régional en date des 27 et 28 mai 2010, à la lecture du bilan du Plan « sous-traitance » mené entre 2006 et 2009, poursuit Laurent VOILLARD. Notre propre feuille de route est sans ambiguïté : une offre générique en faveur du développement des TPE/PME centrée sur les leviers de croissance et l'anticipation, la prise en compte de la thématique de l'adaptation écologique, le choix d'entreprises à fort potentiel de croissance, le renforcement du tissu d'entreprises industrielles et de services à l'industrie et un accompagnement pluriannuel. Avec une contrainte de taille : un plan opérationnel dès le 1er janvier 2011 grâce à une mobilisation de l'ARDI et des maîtrises d'ouvrage associées dès juillet 2010 ».

Cette feuille de route définit par ailleurs des objectifs quantitatifs ambitieux: avec un cœur de cible de 7 000 TPE et 8 000 PME, plus de 1 500 participation/an et sur la durée 25% de la cible impactée. Aux candidats donc de se faire connaître pour participer à l'une des thématiques du Plan PME 2011. Au sommaire, entre autres : Management de l'énergie, Management environnemental, Management de l’innovation, Performance PME, Séminaires Dirigeants, Systèmes informatiques, ... Vos contacts : les conseillers des réseaux consulaires, mais aussi ceux qui dans les différentes structures rhônalpines accompagnement les entreprises.

OPTIM'ENERGIE : promouvoir une gestion plus rationnelle de l'énergie

Apres avoir copilotés et cofinancés plusieurs programmes relatifs à l'environnement et à son management, la Chambre de Commerce et d'Industrie de Région (CCIR), le Conseil régional et l'ADEME ont lancé un premier programme OPTIM'ENERGIE dès 2006.

Compte-tenu des résultats atteints, présentés ci-dessous par Coralie BELICARD, chargée de mission à la CCIR, et en tenant compte du nouveau format des actions collectives définies ci-avant, un nouveau programme OPTIM'ENERGIE voit le jour dans le cadre du Plan PME 2011. Là encore une opportunité pour les chefs d'entreprises, qui ont comme préoccupation une gestion plus rationnelle de l'énergie par une meilleure maîtrise de leurs consommations énergétiques.



Coralie BELICARD

« Le schéma de cette première action était le suivant, explique Coralie BELICARD : en premier lieu, après identification des entreprises intéressées lors de réunions de sensibilisation, étaient proposés des « visites Energie », animées pour notre réseau par les Conseillers Environnement des CCIT. A l'issue d'une première analyse des besoins et attentes du chef d'entreprise et de l'intérêt pour lui de s'inscrire dans ce programme, lui étaient proposés un pré diagnostic puis un diagnostic Energie, animé par des bureaux d'études/consultants. La restitution des résultats, sous forme de synthèse et de partage, était organisée sous forme collective.

« Lors des 21 réunions locales de sensibilisation tenues en 2006 et 2007, nous avons touché 544 entreprises. Puis nous avons organisé, en 2007 et 2008, 221 « visites Energie » qui ont abouti, hors programme EDEL mené dans la Loire à 40 études rendues dont 14 pré diagnostics et 26 diagnostics.

« Ces études ont donné lieu à 325 préconisations, dont un tiers concernait la maîtrise de l'énergie dans le bâtiment, près de 25% les process de production et plus de 10% la chaîne du froid. Les temps de retour sur investissement s'étalaient entre moins d'un an à plus de cinq ans, selon la nature des investissements nécessaires », souligne Coralie BELICARD.

Le programme ayant montré son intérêt et son efficacité, restait à se livrer à une véritable enquête de besoins auprès de nos entreprises et à imaginer un dispositif répondant aux souhaits de la Région pour s'insérer dans le Plan PME 2011.

350 entreprises ont fait connaître leur intérêt, soit pour des visites Energie, soit pour s'engager vers la mise en œuvre d'un Système de Management de l'Energie (SMEn) répondant aux exigences de la norme NF EN 16001.

« Une réponse positive a pu être apportée dans les deux cas, annonce Coralie BELICARD. S'agissant des visites Energie, ont été retenues des filières professionnelles : le tourisme, le commerce, la logistique, et plus généralement le tertiaire et l'industrie. Les pré diagnostics et diagnostics, là encore menées par des bureaux d'études/consultants qualifiés, peuvent déboucher sur l'accompagnement à la mise en œuvre accompagnée d'un Sme ».

Bilan de deux interventions ciblées sur la maîtrise des énergies consommées par des processus techniques

Pour Eric ROGEMOND, consultant qualifié dans le cadre du premier Programme OPTIM'ENERGIE, « les pré-diagnostics et diagnostics ont permis d'intervenir sur des aspects purement techniques de maitrise des consommations énergétiques dans des procédés spécifiques. Dès lors que les études techniques étaient correctement réalisées et que les enveloppes d'investissements correspondaient à des économies réelles, les retours sur investissement pouvaient être rapides, y compris si ces enveloppes étaient importantes. D'où l'intérêt de la méthodologie retenue dans ce programme qui permettaient de prioriser des choix cohérents avec la stratégie de l'entreprise, ses ressources et ses besoins »



Eric ROGEMOND

Eric ROGEMOND a été amené à intervenir dans plusieurs entreprises de ce premier programme avec comme finalité d'améliorer l'efficacité énergétique de certains procédés de manière à réduire les consommations réelles, en améliorant si possible la productivité et en diminuant leurs aspects environnementaux significatifs.

« Ces approches, poursuit-il, nécessitent une étude approfondie des conditions dans lesquelles l'énergie est transformée en chaleur pour un résultat donné. Cela implique, outre une compréhension générale du processus et des procédés en cause, des études fines pour optimiser la production de chaleur, les cycles de chauffe, les moyens de contrôle et de régulation ainsi que pour limiter les créations de chaleur inutile ou les pertes thermiques.

« Dans une première intervention -forgeage à chaud- nous avons préconisé d'améliorer l'efficacité et la qualité du chauffage en passant d'une technologie traditionnelle à une autre plus innovante, recourant au rayonnement infrarouge et permettant une élévation très rapide de température, une réduction des pertes thermiques ainsi que la suppression des risques de surchauffe locale. Concrètement le temps de préchauffe a été réduit de 50 à 80% et les économies d'énergie ont été chiffré entre 50 et 80%, en obtenant parallèlement une meilleur qualité du processus et du produit du fait d'une meilleure maîtrise des chauffes, des opérations de forgeage et des temps de refroidissement.

« Dans une deuxième intervention, nous nous sommes attaché à un diagnostic et une reconception d'un processus continu concernant deux types de produits identiques mais en métaux différents (fer et aluminium) répartis sur 10 lignes de production comprenant chacune cinq fours de cuisson de peinture et vernis et autant de laveuses avant et après chaque modification d'état de surface. La consommation de l'énergie utilisée -en l'occurrence du gaz- n'étant mesurée que par un seul compteur en fin de process ! Une étude théorique nous a permis de comprendre sur une ligne de production, le fonctionnement du processus dans sa globalité, puis progressivement poste par poste. De ce modèle, nous avons déduit des consommations théoriques et nous les avons comparés aux consommations réelles. Passons au-delà d'un certain nombre de surprises, dues à des a priori non validés! Mais, au final, nos préconisations, point par point, ont permis globalement une optimisation des pertes thermiques par extraction des fumées de fours, une connaissance des consommations par ligne dans la durée et donc une meilleure maîtrise des consommations, la mise en place de compteurs et de régulateurs et l'utilisation de la chaleur produite non consommée par différentes opérations du process par les laveuses. Un suivi, en cours, dans le temps reste nécessaire pour comparer exactement les économies réalisées et poursuivre dans cette voie de la maîtrise énergétique globale des processus industriels de ce site », conclut Eric ROGEMOND.

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   Management : Les risques psychosociaux composantes essentielles des atteintes à la santé et la sécurité au travail

Dans le cadre des Journées de formation patronale, organisées par la CARSAT Rhône-Alpes, pour le compte du Medef Rhône-Alpes, tenue le 31 mars dernier une session consacrée aux risques psychosociaux (RPS) et leur prise en compte dans le Document unique. Une session organisée par Jérôme DECHELETTE et J-P NOBLOT, administrateurs de la CARSAT, animée par Gizlane El JAOUHARI (Groupe APAVE) et avec le concours de la CCI Nord Isère ainsi que du MFQ RA...

Rappelons que le Code du Travail (L4121-1) spécifie que «l'employeur prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs» , que la circulaire DRT n°6 du 18 avril 2002 indique que l’analyse des risques c’est aussi repérer des combinaisons d’éléments (par exemple le rythme et la durée de travail) susceptibles de « constituer un risque psychosocial» et qu'un Accord national interprofessionnel (ANI) transpose l’accord-cadre européen sur le stress au travail, signé le 8 octobre 2004. Celui-ci a été rendu d'application obligatoire par l'arrêté du 23 avril 2009.
La prise en compte des risques psychosociaux dans le Document unique, tout comme leur prise en compte dans le cadre de la mise en œuvre d'un Système de management de la santé, de la sécurité et de l'hygiène au travail est donc de pleine actualité.

Les risques psychosociaux : de quoi parle-t-on ?

Comment définir les risques psychosociaux (RPS) ? Dans le cadre qui nous intéresse : comme l'ensemble des risques et troubles consécutifs affectant le bien-être et la santé -morale et physique- des individus au travail. Notons que le droit français retient trois situations : les risques et troubles en lien avec des raisons professionnelles, les risques et troubles au travail par extension de difficultés dont l'origine se situe en dehors de celui-ci et les risques et troubles hors travail mais dont l'origine se situe dans celui-ci

Gizlane El JAOUHARI inclut dans les troubles psychosociaux : les manifestations de stress, les souffrances liées au mal être, la fatigue et l'épuisement d'origine professionnelle, les violences aux personnes, les comportements suicidaires, les phénomènes d'anxiété ou de dépression, les conduites addictives, les troubles musculosquelettiques, etc, ... Ce qui souligne bien que les RPS peuvent avoir « une dimension individuelle ou collective » et se situent à la confluence « du psychologique, du physiologiques et des situations de travail ».

Jérôme DECHELETTE

J-P NOBLOT

Une assistance studieuse


Le Document unique : de la prévention à la prise en charge thérapeutique, du collectif au personnel, ...



Gizlane El JAOUHARI

Rappelons la philosophie du Document unique : répertorier l'ensemble des risques professionnels et mettre en évidence les priorités en termes de prévention. Ce qui implique, d'une part, un plan d'action de prévention, et, d'autre part, la définition d'indicateurs pertinents pour en traiter.

Il s'agit donc dans un premier temps d'élaborer un « état zéro » des risques de l'entreprise dont la survenance a pour conséquence des troubles psychologiques, physiques et comportementaux, de nature individuel ou collectif. Parallèlement la mise en perspective des dispositifs déjà en place et la connaissance même parcellaire des accidents, quasi-accidents et des troubles avérés permet d'élaborer ensuite un « état zéro » des dispositifs de prévention déjà existants.

Gizlane El JAOUHARI propose ces quelques constats :

- Toutes les mises en œuvre réussies du Document unique incluant cette dimension ont, à l'expérience, mobilisé comme acteurs de la prévention : la direction, les responsables/gestionnaires des ressources humaines, les instances syndicales, les acteurs de la santé (selon les entreprises, leurs taille, leur secteur d'activité, leur sensibilité à cette problématique) et naturellement les salariés.

- Pour réduire ou limiter les risques et les troubles consécutifs, doivent être répertoriées :
     • les situations pour lesquelles une action directe et rapide est possible et efficace (information et sensibilisation, analyse des postes et conditions de travail pour des améliorations de court terme, suivi des occurrences, comportements managériaux, ...) ;
     • les situations nécessitant des actions lourdes à court et moyen terme pour apprendre à gérer et gérer les RPS dans ses différentes formes ;
     • les modalités de prise en charge des personnes en souffrance du fait la survenue de RPS : prise en charge médicale et sociale, traitements thérapeutiques, conditions de retour au travail.

- Comme dans toute démarche de management des risques, la « prévention au plus tôt », la suppression et la réduction des risques, la mise en œuvre de mesures alternatives sont d'autant plus efficaces qu'elles commencent en amont et ne font l'impasse sur aucun risque. De la même manière, doivent être intégrées les approches, d'une part, organisationnelles : organisation du travail au niveau de l'entreprise, du service, du poste ; d'autre part, managériales : au mêmes trois niveaux ; enfin, individuelle : dans la dimension professionnelle, privée et à l'interface vie professionnelle/vie privée.

« Pour nous, assume Gizlane El JAOUHARI, la prise en compte des RPS dans le Document unique, implique de dépassionner cette question, de dépasser la logique individuelle pour s'inscrire dans une approche collective, d'aborder les facteurs de risques tout comme les facteurs de santé en se situant aux trois niveaux de l'entreprise, du service, du poste.

« Sa mise en œuvre de cette approche implique d'observer les situations de travail et non de se satisfaire de cotation de risques a priori en associant l'ensemble des acteurs, en co-construisant les solutions avec eux et en déclinant et pilotant les actions au niveau du poste de travail.

« De la même manière, le Document unique est un outil puissant de management et donc de pilotage de la santé et de la sécurité au travail. Il doit être une préoccupation de tous et non de quelques-uns et privilégier les leviers internes à l'entreprises pour agir et conduire les actions pertinentes au quotidien ».

Trois outils de base : l'analyse multifactorielle, la cartographie, l'évaluation

« Trois outils formalisés par l'APAVE rappelle le sens de la démarche que nous proposons, souligne Gizlane El JAOUHARI :

1. L'analyse multifactorielle
     - Analyse des indicateurs
     - Approche démographique
     - Repérage des facteurs de risques
      - Identification des unités de travail prioritaires ou catégories d’acteurs

2. La formalisation de cette approche au travers d'une cartographie :
     - Stratégie et changements
     - Organisation et processus de travail
     - Pratiques managériales
     - Communication et relation de travail
     - Attentes et réalités de travail

3. L'évaluation des impacts et leur positionnement sur une échelle à plusieurs niveaux :
     - Gêne, inconfort : Impact sans répercussion manifeste sur l'activité
     - Mal-être : Impact sur la capacité professionnelle et la vie professionnelle, se traduisant par des arrêts de travail
     - Souffrance : Impact sur l'aptitude professionnelle et la vie personnelle se traduisant selon le niveau atteint par une incapacité reconnue par la médecine du travail et/ou la CARSAT, une maladie professionnelle, voire à l'extrême un décès.

« Les risques psychosociaux sont une composantes essentielles des atteintes à la santé et la sécurité au travail, par ses conséquences sur la vie personnelle et sur la vie professionnelle de chacun d'entre nous et leurs traductions en terme de répercussions sur l'activité quotidienne ou d'accidents, conclut-elle ».

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Directeur de la publication : Jérôme Déchelette I Rédaction : Henri Burtin, Hervé Brunet, Sophie Moreau.


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